Dice di me

                     

 

 

                                                           Marseille, le 24 octobre 2011

 

 

Luc Long

Conservateur en chef du Patrimoine au DRASSM (Département des Recherches archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines)

Directeur des fouilles du Rhône

Mesdames, Messieurs

Ayant initié les fouilles du Rhône, à Arles, en 1989, ces opérations se sont poursuivies assez régulièrement, depuis plus de 20 ans, dans le cadre d’opérations diverses : campagnes d’expertises ou de sondages, fouilles de sauvetage, opérations préventives, fouilles programmées….

Toujours effectuées dans des conditions de plongée et de travail très difficiles, à cause du courant, de la faible visibilité, de la pollution, elles ont donné lieu à un très grand nombre de découvertes et ont été menées avec l’aide de spécialistes. Ces découvertes concernent à la fois les épaves et la navigation fluviomaritime, l’occupation des berges antiques et les dépotoirs portuaires, les canalisations sous-fluviales et plus généralement le très riche patrimoine fluvial arlésien, toujours menacé par les travaux de dragage et l’aménagement des berges.

Au cours de toutes ces années, si de nombreux étudiants sont venus expérimenter leur courage sur ces fouilles, rares sont ceux que nous avons pu fidéliser. Encore plus rares sont ceux qui ont trouvé la rigueur et la motivation nécessaire pour entamer un travail de synthèse sur ces découvertes et sur les méthodes de fouilles utilisées dans un milieu aussi hostile. Je tiens donc ici, en introduction de son Mémoire, à témoigner de l’estime que je porte à Giorgio Spada pour l’excellent travail qu’il a accompli avec nous et qu’il a su si brillamment relater et compléter dans cette thèse.

Je rappellerai que Giorgio Spada est intervenu pour la première fois sur nos chantiers en 2008. Sa participation s’est poursuivie sans interruption depuis quatre ans, sur les fouilles du Rhône mais également sur celles de Camargue, dans l’avant-port maritime antique d’Arles. Nous avons pu rapidement juger ainsi, à de nombreuses reprises, avec les membres de mon équipe, de ses qualités relationnelles, professionnelles et de sa détermination au sein d’un environnement où il est difficile de s’adapter. Il s’agit d’intervenir, d’une part, dans un univers subaquatique et sous-marin dangereux, et, d’autre part, de partager la vie à bord d’un navire, dans un milieu confiné, où les règles de vie communautaire demandent beaucoup d’efforts et d’abnégation.

En effet, Giorgio Spada doit d’abord cet excellent travail universitaire à ses qualités humaines et à une capacité personnelle innée dans l’eau : il est un très bon plongeur. C’est à ce titre, qu’il a rapidement obtenu par équivalence de la commission régie par le DRASSM, le Ministère du Travail et l’INPP (Institut National de la Plongée Professionnelle), son brevet de plongée professionnel (certificat d’aptitude à l’hyperbarie, mention B), obligatoire pour tout responsable de fouille archéologique sur les chantiers à moins de 40 m de profondeur.

Du point de vue archéologique, après avoir été initié durant ces dernières années à nos méthodes de travail, il a su rapidement intégrer les cadres de mon équipe et s’est vu confier les tâches les plus délicates : direction de fouille par secteur, chef de plongée, organisation des palanquées, mise en place et utilisations des engins de fouilles, formation des débutants, travail d’inventaire et post-fouille…

Par son expérience, il a acquis notre confiance totale pour devenir au final un collaborateur très efficace. En dernier ressort, pour son « aquaticité », son sang-froid et son sens de la prise de vue, nous l’avons chargé depuis trois ans de l’enregistrement des images subaquatiques. Par leur qualité, nombreuses d’entre-elles ont été ensuite diffusées dans des téléfilms et des reportages sur nos opérations.

En conclusion, le travail de soutenance, que présente ici Giorgio Spada, démontre qu’il a intégré, compris et qu’il a su utiliser, mettre en valeur et enrichir les enseignements de nos missions.

Nous vivons un moment où l’archéologie subaquatique traverse un très grave crise en France, son avenir est menacé et une petite poignée de plongeurs tente à peine de se constituer au sein de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) pour lutter face aux enjeux des aménagements fluviaux et des destructions de sites. Du coup, ce travail focalisé sur les fouilles du Rhône constitue un bilan intermédiaire très intéressant et fort utile dans l’histoire de cette jeune discipline.

Il permet dans le même temps de juger des aptitudes scientifiques évidentes de notre jeune ami, et de sa capacité, à mon sens, à poursuivre des recherches ultérieures. Ce travail laisse peut-être augurer, en outre, une collaboration nouvelle en ce domaine entre les organismes, les laboratoires, et les chercheurs français et italiens, que j’appelle de mes voeux.

Luc Long

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